Evolutis – 1. De Chair et de Sang

Noté 4.50 sur 5 basé sur 2 notations client
(2 avis client)

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— Sortie le 15 juin 2015 —

2033, Ebola a ravagé notre monde. Les Evolutis protègent ce qui reste de l’humanité.
Traquée, Emma doit lutter pour sa survie et contre elle-même. Son sang est la clé.
Dans sa fuite solitaire, elle rencontre Ian qui lui fait entrevoir ce qui peut la sauver ou la détruire : l’espoir.
Ami ou ennemi ?
Tiraillée dans sa chair et son sang, elle devra choisir.

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Description

Chapitre 1 (extrait)

Je contourne le bâtiment et me gare dans l’impasse qui jouxte le routier m’employant comme serveuse. Le vent furieux du mois d’octobre s’enroule dans mes cheveux et me fouette le visage quand je quitte l’habitacle douillet de ma Golf noire. L’air alourdi d’électricité balaie les rues désertes. Il me brûle la gorge lorsque j’inspire à pleins poumons. Tout est gris, les façades, les nuages et mon humeur. Le ciel est chargé de colère ; au large de la campagne pyrénéenne, j’entends son grondement.

Je lui fais face un instant, le sternum poussé vers le haut pour accueillir les assauts de son souffle. J’aime cette puissance qui monte, qui enfle partout autour de moi.

À regret, je finis par me détourner. Je franchis l’entrée de l’arrière-salle du restaurant et me dirige vers une nouvelle journée « normale » dans mon monde anormal.

J’accroche ma veste et dépose mon sac dans un des casiers au fond de la réserve. Celui avec une étiquette au nom de Charlotte. J’attrape le vieil élastique qui traîne dans la poche arrière de mon jean et noue mes cheveux en un chignon désordonné d’où s’échappent quelques mèches brunes. J’évite soigneusement le miroir fixé au battant. Je sais très bien ce que je vais y trouver. Ce que je ne vais pas y trouver serait plus juste. Je ne supporte plus de croiser ce nouveau moi, ces yeux marron qui dissimulent ma véritable nature, ce visage émacié au teint pâle… À quoi bon chercher des réminiscences de celle que j’étais avant : Emma.

Emma qui sortait faire du shopping avec ses copines, Emma, la bonne élève, Emma, toujours tirée à quatre épingles… Mais Emma n’existe plus, elle a dû céder sa place à une autre, à une fille qui n’est pas moi, qui n’est personne.

Tristement, je secoue la tête et referme mon casier à clé, emprisonnant le peu d’Emma que moi seule peux distinguer derrière le masque de Charlotte.

Ah, papa, vois-tu ce que tu as fait de moi ?

À pas mesurés, je quitte la réserve pour commencer mon service. Je m’installe derrière les fourneaux et prépare mécaniquement les crêpes, les œufs au bacon. Denrées exceptionnelles depuis que le chaos a débuté. Ce routier est devenu un luxe pour les rares habitués. Et encore, je suis persuadée que la patronne ne fait pas payer le prix réel des consommations.

Déjà, quelques clients sont accoudés au comptoir et bavardent avec Hélène, la propriétaire des lieux. La cinquantaine bien tassée, à l’embonpoint certain, elle en impose derrière son bar. Sa crinière noire, épaisse et bouclée encercle un visage rougeaud et souriant. Elle essuie sa tasse à l’en user, en devisant avec Gilles, ancien chauffeur. Il ne rate jamais son repas du matin en compagnie de l’auguste tenancière. Il arrive chaque jour à l’ouverture, fraîchement rasé, commande un café et une assiette d’œufs au bacon — unique plat à la carte — qu’il grignote en la dévorant des yeux. Il fait traîner son petit déjeuner et se réjouit chaque fois qu’Hélène, enorgueillie par les regards appuyés du beau quinquagénaire, replace avec coquetterie une mèche de cheveux derrière son oreille. Ils formeraient un drôle de couple, s’ils se décidaient. Lui grand, bien bâti, le visage hâlé par les années sur les routes, l’œil vif et elle petite, costaude, le teint pâle mais prompt à s’empourprer.

Il voit au-delà des années qui ont marqué les traits de cette femme et qui l’ont endurcie. Gilles a compris qu’en grattant un peu la surface, on découvre la véritable Hélène : sous ses airs bourrus, elle cache en réalité sa générosité, sa gentillesse et sa ténacité.

Comme tous les jours, le restaurant est presque vide, il ne survit que grâce à ses fidèles qui cherchent à retrouver le confort d’avant.

D’avant le chaos, la récession, la chute économique qui les ont pour la plupart conduits sur le chemin de la précarité. D’avant les émeutes, les attentats… Ils désirent être ensemble, loin de la technologie froide et sans vie qui aujourd’hui prend une grande place dans leur quotidien. Technologie qui maintient notre société à flot, mais qui, pour eux, souligne la rupture avec leur passé, leurs souvenirs d’un monde plus paisible où il faisait bon de rencontrer ses amis, le soir, autour d’un verre dans le bar animé d’Hélène.

La lumière tamisée qui filtre à travers les persiennes masque les ravages des années sur les banquettes rouges et les tables en bois. Un flipper poussiéreux trône dans l’angle près des toilettes. Il ne fonctionne plus depuis des lustres et, en outre, les pièces pour l’alimenter n’existent plus. Mais quelle importance ? Il est la marque d’un autre temps, d’un univers qui, peu à peu, disparaît. Les mêmes types sont invariablement assis aux mêmes tables. Souvent, les vieux du coin, les habitués, relatent leurs souvenirs d’une époque plus agréable, d’une époque que j’ai à peine connue.

Un monde meilleur, c’est pourtant ce pour quoi tu te battais. Et regarde où cela a mené ta fille ! Dans un bouge qui finalement se trouve être le lieu le plus chaleureux qui subsiste.

Cet endroit est à l’image de sa propriétaire : rustre, séculaire, abîmé, mais accueillant et généreux.

Je jette un coup d’œil pensif à Hélène qui s’acharne toujours sur sa tasse. Je la revois, boitant à ma rencontre, quand j’entrai déposer ma candidature suite à la lecture du panneau « Cherche serveuse ». Ses grands iris marron étaient insondables et, je dois bien l’avouer, Hélène m’a intimidée ce jour-là. Face à ses questions sur mon expérience, le lieu d’où je venais, ce qui m’avait amenée à Lavelanet, mon étrange accent… j’ai eu la sensation d’être interrogée par un agent fédéral. Il me semble bien que j’ai rougi. Puis elle s’est enquise au sujet de ma famille, j’ai détourné la tête pour dissimuler la douleur que cette demande provoquait. Elle a alors laissé tomber le masque et j’ai vu ce qui se cachait sous ses airs de mère supérieure : une femme qui connaissait la perte d’un être cher. Elle m’a effleuré la main. Un instant, enveloppée par la douceur de son regard compatissant, j’ai eu envie de tout expliquer, de déposer mon fardeau, de me confier comme je l’aurais fait avec maman.

Maman !

Tes grands yeux gris, ton visage souriant me manquent tant…

Mais bien sûr, je ne pouvais rien raconter à Hélène.

Règle numéro un : pas d’attaches et pas de confidences.

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2 avis pour Evolutis – 1. De Chair et de Sang

  1. Note 4 sur 5

    L’histoire suit la vie d’une jeune Américaine qui, par la force des éléments, est obligée d’aller vivre en Europe (en France plus exactement). Car le reste du monde est ravagé par le virus Ebola. En France, elle va devoir vivre seule jusqu’au jour où tout va basculer. Elle va faire des rencontres, mais sans jamais s’attacher (ces échanges sont toujours de courte durée, sinon elle risque de se faire repérer… capturer). Elle réussit à rester cachée de tous. Jusqu’à ce qu’un problème l’accable. Une simple coupure de la main qui va la faire fuir de nouveau, alors qu’elle se plaisait bien dans ce lieu.

    L’histoire est assez intrigante, on suit la vie d’une jeune fille un peu perdue, au premier abord, mais, plus le temps passe, plus on connaît son but, ses peurs, ses désirs. Désirs et peurs qui vont tous être chamboulés et, plus l’histoire avance, plus le personnage sera perdu… Jusqu’à ne plus rien comprendre…

    Ce roman, même si je l’ai apprécié, n’est pas un coup de cœur. Peut-être parce que je venais de finir « L’épreuve » quand je l’ai lu et que, sur certains points, cela m’a rappelé cette histoire… Ainsi que celle de Résident Evil ? Un personnage avec des supers pouvoirs liés à un virus et à un monde ravagé par un virus, même si ce ne sont que de petits points sans importance. Car on avance assez bien, parfois trop rapidement, dans l’histoire. Le bon point, au niveau du virus, c’est qu’il n’a pas été créé par l’homme (enfin je crois, on ne sait jamais… avec la théorie du complot ^^).

    J’adore le personnage, ses pouvoirs, sa façon d’être. Et même son côté « tomber amoureuse » en une fraction de seconde – cela m’arrive souvent aussi… Et la souffrance qui en découd quand cela ne marche pas (les coups de foudre, c’est l’horreur). Sur le personnage du héros, j’aurai juste un mauvais point sur le sujet : on ne sait pas comment elle a maîtrisé ses pouvoirs. J’aurai bien aimé, parfois, des moments où elle nous montre comment elle a maîtrisé ses pouvoirs. J’espère qu’on en saura plus par la suite.

  2. Note 5 sur 5

    A la base, je ne suis pas fan de dystopie. J’avais entendu parler de ce livre, et bien que les critiques soient positives, je n’envisageais pas de l’acheter pour le moment. Le destin s’est chargé de lutter contre ça, puisque grâce à un concours, j’ai pu gagner ce livre.
    Je l’ai reçu hier et l’ai fini aujourd’hui.
    Donc autant dire qu’Evolutis est quasiment un coup de coeur!
    -Déjà, la couverture est superbe!
    -J’ai beaucoup aimé le style d’écriture, qui s’est même amélioré je trouve depuis « Eveille-moi », il donne encore plus de sensations, est plus personnel aussi et j’ai adoré ça.
    -Le rythme de l’histoire. Il se passe toujours quelque chose, on est pris dedans, bref c’est difficile de décrocher des pages.
    -Les personnages. J’ai aimé Emma, qui est forte malgré son coté un peu fleur bleue que j’ai trouvé touchant. Des fois, ça aurait pu m’agacer, surtout que Emma craque assez vite sur lui hein! J’ai apprécié Ian aussi, même si on ne sait pas toujours sur quel pied danser avec lui. C’est agacant, mais c’est ce qui donne envie de poursuivre.
    Quand même, celui qui m’intrigue le plus et qui me donne envie que le tome 2 sorte, c’est Meyer! Je dois aimer les personnages un peu badass et méchant, c’est vrai, mais j’ai hâte de voir ce qu’il va devenir et amener dans l’histoire!
    -L’univers réaliste. Déjà, j’ai aimé que l’action se situe en Europe et surtout en France, ça change des USA, et surtout, le fait que ce soit le virus Ebola, je trouve que ça rend l’histoire très réaliste et même un peu glaçante.
    -Par rapport à l’usage de technologie, pour être honnête, je trouve que ça donne matière à réfléchir, car je partage le point de vue d’Emma sur l’usage de la technologie dans l’histoire.

    Voila, j’ai beaucoup aimé cette histoire, ne regrette pas de l’avoir découverte!
    Seul bémol, plus technique: je n’ai pas aimé la mise en page. Des fois on reproche l’écriture d’être trop serrée, mais là, les interlignes sont trop espacés donc parfois j’avais l’impression de lire du vide (fin pas le récit bien sûr ^^) mais ce n’est pas agréable.

    Donc une lecture que je recommande vraiment!

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